◆ Sélection d’œuvres réalisées depuis 2016 à travers différentes séries, cycles et territoires de recherche d’un même univers en évolution. Chaque image ouvre vers les archives, textes et documentations associés aux œuvres. ↴
Œuvres ▪ Visions ▪ Séries
Ĺ’uvres


















































Visions
◆ Développé parallèlement au corpus sculptural, Visions rassemble un ensemble de photographies issues des œuvres et de leurs prolongements dans des paysages réels ou recomposés. Une pratique d’observation venant déplacer leur lecture vers une dimension plus territoriale et atmosphérique, entre trace, projection et fiction documentaire. ↴
















Séries
â–ŚIDF2068
Série principale — depuis 2018
Initiée en 2018, IDF2068 imagine une Île-de-France devenue inhabitable. Son titre renvoie à une projection proche : celle d’un territoire rendu non viable d’ici cinquante ans, à la suite des alertes environnementales et climatiques formulées au cours des années 2010. Mais très vite, la série dépasse l’anticipation pour devenir une observation du présent.
Car dans l’univers d’IDF2068, l’effondrement n’appartient pas au futur. Il est déjà visible dans les marges du réel. Habitat précaire, territoires abandonnés, véhicules devenus refuges, mobilier urbain détourné, objets de survie improvisés, friches envahies par la végétation ou territoires saturés de déchets : autant de fragments qui composent déjà notre quotidien contemporain.
Né et vivant en banlieue parisienne, Simon Laveuve puise directement dans l’environnement urbain qui l’a vu grandir. Tours d’habitation, zones industrielles, infrastructures brutalistes, terrains vagues et architectures périphériques deviennent la matière première d’un territoire fictif profondément ancré dans le réel. D’abord centré sur l’Île-de-France, le projet s’est progressivement élargi jusqu’à proposer une vision plus universelle de nos sociétés contemporaines et de leurs fragilités.
À travers ses sculptures miniatures, réalisées principalement à l’échelle 1/35, Laveuve construit des architectures de survivance : abris improvisés, structures suspendues, phares délabrés, bunkers, commerces précaires ou structures autonomes semblant osciller entre refuge, résistance et abandon. Chaque pièce fonctionne comme le fragment d’un monde plus vaste, habité par des présences invisibles dont les traces demeurent partout.
L’univers d’IDF2068 se nourrit également de références populaires et cinématographiques. Le titre lui-même évoque les projections futuristes du cinéma de genre, de New York 1997 à 2001 : L’Odyssée de l’espace, où lieux et temporalités deviennent les supports d’une fiction politique ou sociale. Graffitis, affiches, musique urbaine, culture punk, rap, science-fiction ou iconographie populaire traversent discrètement les œuvres comme des vestiges culturels persistants.
Certaines formes reviennent d’ailleurs de manière récurrente, jusqu’à devenir des signatures : pneus abandonnés, mobilier de récupération, structures de fortune ou encore la chaise en plastique blanche, omniprésente dans le corpus. Figure silencieuse de l’absence humaine, elle devient à la fois trace, attente, contemplation et symbole de persistance.
À travers IDF2068, Simon Laveuve développe une œuvre située entre dystopie et observation documentaire, où la ruine n’est jamais totalement synonyme de disparition. Malgré l’effondrement apparent, quelque chose subsiste toujours : une lumière, une végétation, un abri ou la possibilité fragile d’habiter encore le monde.
▌Les Étoiles
Sous-série d’IDF2068 — depuis 2025
Développée dans la continuité directe d’IDF2068, la série Les Étoiles marque un déplacement du regard. Là où les premières pièces occupaient l’espace comme des architectures autonomes, ces nouvelles œuvres prennent place sur le mur, renouant avec l’idée du cadre, de l’image et du point de vue frontal. Comme une peinture, une fenêtre ou une photographie, elles présentent uniquement ce qui apparaît au premier regard : un fragment de territoire isolé dans son propre horizon.
À travers cette série, Simon Laveuve poursuit son exploration des architectures de survivance dans une forme plus condensée, presque suspendue. Ces pièces murales deviennent des surfaces d’observation, des portions de mondes saisies dans leur silence où l’habitat, les traces humaines et les signes du territoire persistent encore malgré l’effacement progressif du monde qui les entoure.
Le passage au mural introduit également un dialogue plus direct avec les photographies issues de Visions, ensemble développé parallèlement au corpus sculptural à partir des œuvres et de leurs prolongements dans des paysages réels ou recomposés. Là où IDF2068 et Vestige habitent physiquement l’espace d’exposition, Les Étoiles viennent habiter les murs. Les œuvres fonctionnent alors comme des points d’ancrage visuels dans l’espace, aussi bien dans les expositions que chez les collectionneurs, prolongeant la relation entre sculpture, image et territoire.
Le titre de la série rend hommage aux Étoiles d’Ivry, ensemble emblématique conçu par Renée Gailhoustet et Jean Renaudie entre 1969 et 1975 à Ivry-sur-Seine. Présentes durant toute l’enfance de l’artiste dans son paysage quotidien, ces architectures brutalistes ont profondément nourri son imaginaire. Leurs formes triangulaires, leurs circulations complexes et leur vision d’un habitat utopique constituent l’une des racines silencieuses du corpus IDF2068.
À travers Les Étoiles, Simon Laveuve poursuit une réflexion autour de l’habitat, de la mémoire urbaine et des territoires en mutation.
â–ŚVestige
Sous-série d’IDF2068 — depuis 2018
Plus modestes dans leurs dimensions, ces pièces isolent des véhicules abandonnés, rouillés, lentement submergés par la végétation. Un moment de bascule où l’organique reprend peu à peu le dessus sur le mécanique. Les vitres deviennent opaques, les carrosseries s’enfoncent dans la terre humide, les ronces traversent les portières, les mousses colonisent les capots, les branches envahissent silencieusement les habitacles.
Ces véhicules n’attendent plus personne.
Ils demeurent là , immobiles, avalés par le silence et les saisons.
Dans l’univers d’IDF2068, la voiture porte une symbolique double : celle du déplacement, mais aussi celle de l’abri. Espace mobile devenu immobile, elle conserve quelque chose de profondément contemporain et universel. Un lieu autonome, intime, capable de protéger autant que d’emporter ailleurs. Une architecture minimale traversant les zones urbaines comme les étendues abandonnées.
Ces pièces apparaissent comme des points de passage entre les structures habitées. Des jointures dispersées dans le territoire. Les restes d’un trajet, d’une fuite ou d’une liaison entre plusieurs refuges.
On les croit sorties d’un récit post-effondrement, d’un décor de cinéma abandonné après la fin du monde. Pourtant, ces visions existent déjà . Aux lisières des villes, derrière des hangars oubliés, au fond des bois ou des terrains vagues, le réel fabrique lui-même ses propres ruines.
À travers Vestige, Simon Laveuve observe ce moment de bascule où ces refuges modernes cessent d’être des outils pour redevenir matière. Une lente disparition où l’acier retourne au vivant.
â–ŚUnivers
Série hybride photographies / sculpture — 2016–2018
Avant les architectures.
Avant les refuges.
Avant que la sculpture ne devienne le cœur du territoire.
Univers rassemble les premières visions post-apocalyptiques développées par Simon Laveuve. Des paysages miniatures mis en scène puis photographiés comme les fragments d’un monde abandonné, suspendu entre fiction et disparition.
Monticules de terre, végétation conquérante, ruines silencieuses et lumières crépusculaires composent ces territoires où l’humanité semble déjà absente, mais dont les traces persistent encore.
À travers ces photographies numériques, l’image devient un premier terrain d’exploration. Une genèse visuelle dont émergera plus tard la série IDF2068, où la sculpture prendra progressivement le relais de la photographie pour donner corps à cet univers.
