Sous-série d’IDF2068 — depuis 2025

Développée dans la continuité directe d’IDF2068, la série Les Étoiles marque un déplacement du regard. Là où les premières pièces occupaient l’espace comme des architectures autonomes, ces nouvelles œuvres prennent place sur le mur, renouant avec l’idée du cadre, de l’image et du point de vue frontal. Comme une peinture, une fenêtre ou une photographie, elles présentent uniquement ce qui apparaît au premier regard : un fragment de territoire isolé dans son propre horizon.

À travers cette série, Simon Laveuve poursuit son exploration des architectures de survivance dans une forme plus condensée, presque suspendue.  Ces pièces murales deviennent des surfaces d’observation, des portions de mondes saisies dans leur silence où l’habitat, les traces humaines et les signes du territoire persistent encore malgré l’effacement progressif du monde qui les entoure.

Le passage au mural introduit également un dialogue plus direct avec les photographies issues de Visions, ensemble développé parallèlement au corpus sculptural à partir des œuvres et de leurs prolongements dans des paysages réels ou recomposés. Là où IDF2068 et Vestige habitent physiquement l’espace d’exposition, Les Étoiles viennent habiter les murs. Les œuvres fonctionnent alors comme des points d’ancrage visuels dans l’espace, aussi bien dans les expositions que chez les collectionneurs, prolongeant la relation entre sculpture, image et territoire.

Le titre de la série rend hommage aux Étoiles d’Ivry, ensemble emblématique conçu par Renée Gailhoustet et Jean Renaudie entre 1969 et 1975 à Ivry-sur-Seine. Présentes durant toute l’enfance de l’artiste dans son paysage quotidien, ces architectures brutalistes ont profondément nourri son imaginaire. Leurs formes triangulaires, leurs circulations complexes et leur vision d’un habitat utopique constituent l’une des racines silencieuses du corpus IDF2068.

À travers Les Étoiles, Simon Laveuve poursuit ainsi une réflexion autour de l’habitat, de la mémoire urbaine et des territoires en mutation. Des fragments de villes observés à distance, comme des signaux encore allumés dans les ruines de l’avenir.