Sous-série d’IDF2068 — depuis 2018
Plus modestes dans leurs dimensions, ces pièces isolent des véhicules abandonnés, rouillés, lentement submergés par la végétation. Un moment de bascule où l’organique reprend peu à peu le dessus sur le mécanique. Les vitres deviennent opaques, les carrosseries s’enfoncent dans la terre humide, les ronces traversent les portières, les mousses colonisent les capotsles branches envahissent silencieusement les habitacles.
Ces véhicules n’attendent plus personne.
Ils demeurent là , immobiles, avalés par le silence et les saisons.
Dans l’univers d’IDF2068, la voiture porte une symbolique double : celle du déplacement, mais aussi celle de l’abri. Espace mobile devenu immobile, elle conserve quelque chose de profondément contemporain et universel. Un lieu autonome, intime, capable de protéger autant que d’emporter ailleurs. Une architecture minimale traversant les zones urbaines comme les étendues abandonnées.
Ces pièces apparaissent comme des points de passage entre les structures habitées. Des jointures dispersées dans le territoire. Les restes d’un trajet, d’une fuite ou d’une liaison entre plusieurs refuges.
On les croit sorties d’un récit post-effondrement, d’un décor de cinéma abandonné après la fin du monde. Pourtant, ces visions existent déjà . Aux lisières des villes, derrière des hangars oubliés, au fond des bois ou des terrains vagues, le réel fabrique lui-même ses propres ruines.
À travers Vestige, Simon Laveuve observe ce moment de bascule où ces refuges modernes cessent d’être des outils pour redevenir matière. Une lente disparition où l’acier retourne au vivant.