S I M O N / L A V E U V E


— V i s u a l / C r e a t o rParis, France │ simonlaveuve@gmail.comT +33 (0)6 30 20 52 47

iconfinder_United-Kingdom_298478 / Poetic chaos

Boats that float in the air, psychedelic tractors, flying habitats peopled by disturbing denizens – the world of Simon Laveuve is surprising in its singularity. Humour and desolation go cheek by jowl in clever visual jousts. But his creations, meticulously served by the work of the camera, meld perfectly with the moods of the moment, gaining in formal freedom in the course of his experiments, between nostalgia, despair and utopia.

In these sculptures-cum-models, time and space dilate, hollowing out silences that grow deeper and deeper, into emptiness and unexplored territories, growing into a vision of humankind, imaginary or of the future, always enigmatic. Simon Laveuve dredges the lower depths of our cities with assurance and impertinence so as to constantly renew his complex combinations. A strange atmosphere spreads, a mixture of chaos and gravity. Ruins and hamlets illumine his work. With infinite care and an assured art of detail he places each subject, each movement, each intimate friction. By turns, exuberance, aggression and romanticism all enrich these falsely improvised but carefully staged abstract landscapes whose relation to space is deliberately disconcerting. Moving between suspended moments and tensions, the dance of forms and colours seems bound for an explosion of violence. Simon Laveuve ranges across a range of possibilities that are at once dissonant, timeless and fragile.

The aerial masses of his dioramas assert themselves in a mix of questioning of place and signs, brutal statements and delicacy of line. The unique language, piling on its mute eloquence, goes from aggression to gentleness in an inventive mixture of wildness and beauty, playing on a subtle balance of gesture, manifesto and the representation of a magnificently dark macrocosm. The forms are diverse, resulting from bold but coherent exploration, harmoniously mixing the familiar with the dreamed, shadows with light. We sense the sublimation of time. We feel the experience of life – of suffering too, no doubt; a murmured incantation, and a long detour to reach this mode of expression full of emotions. But the keys to unlock its mysteries are withheld.

Simon Laveuve delineates this miniature theatre with an imperial sense of distance, with impeccable settings and figures on the alert as if no voice from elsewhere could distract them from their occupation. His personal questioning infuses his approach. He tells a story like a walker finding his path, constructing a narrative as he carefully observes his contemporaries. The excesses of an exhausted consumer society, walls maculated with graffiti and ads, everyday objects, leisure and pleasure, a hostile environment and generous nature – all intersect and exchange. At once chimerical and material, his dioramas are the scores of a polyphonic world made of fury, silence and love.

iconfinder_United-Kingdom_298478 / Chaos poétique

Des bateaux en apesanteur, des tracteurs aux couleurs psychédéliques, des habitats volants peuplés d’inquiétantes silhouettes, l’univers de Simon Laveuve surprend par sa singularité. Humour et désolation se côtoient dans d’habiles joutes plastiques. Mais ses créations mises en relief par un travail photographique minutieux s’articulent parfaitement avec les humeurs du moment, gagnant en liberté formelle au fil des expérimentations, entre nostalgie, désespérance et utopie.

Au gré des sculptures-maquettes, le temps comme l’espace se dilatent, creusant des silences de plus en plus profonds, du vide et des territoires inexplorés, au point de devenir une vision du genre humain, imaginée ou future, énigmatique. Simon Laveuve puise dans les bas-fonds des villes avec assurance et impertinence pour renouveler sans cesse des combinaisons complexes. Une étrange atmosphère se répand, mélange de chaos et de gravité, tandis que ruines et hameaux illuminent son travail. Il dépose avec une infinie précaution et un art certain du détail chaque sujet, chaque mouvement, chaque frottement intime. De l’exubérance, de la hargne, du romantisme, enrichissent, c’est selon, des paysages abstraits faussement improvisés et soigneusement mis en scène dans un rapport à l’espace sciemment déroutant. Une farandole de formes et de couleurs, entre moments suspendus et tensions, ne semblent pouvoir aboutir qu’à une explosion de violence. Simon Laveuve parcourt un champ des possibles dissonant, intemporel et fragile à la fois.

Masses aériennes, ses dioramas s’imposent entre interrogations sur les lieux et les signes, brutalité du propos et délicatesse du trait. Leur langage unique, faisant assaut d’élégance muette, passe de l’agression à la douceur dans un mélange inventif de sauvagerie et de beauté qui joue sur un équilibre ténu entre geste, manifeste, et représentation d’un macrocosme d’une noirceur magnifique. Elles empruntent des formes diverses, obéissant à une exploration aventureuse mais cohérente, mêlant harmonieusement le familier et le rêve, les ténèbres et la lumière. On y devine le temps sublimé. On y sent l’expérience de la vie, de la douleur sans doute, une incantation murmurée, et un long détour pour parvenir à cette expression pleine d’émotions. Sans pour autant donner les clés pour en percer les mystères.

Simon Laveuve dessine ce théâtre miniature avec une distance impériale, des décors impeccables, des personnages aux aguets comme si aucune voix d’ailleurs ne pouvait venir les distraire de leur occupation. Ses questionnements inspirent sa démarche. Il raconte une histoire tel un promeneur traçant son sillon, construisant une narration en observant à dessein ses contemporains. Excès d’une société de consommation essoufflée, tags et pubs sur les murs, objets du quotidien, loisirs et plaisirs, environnement hostile ou nature généreuse s’entrecroisent et dialoguent. Tout à la fois chimériques et matérielles, ses sculptures-maquettes sont les partitions d’un monde polyphonique fait de fureur, de silence et d’amour.

Bernadette Caille – Translation Charles Penwarden